Particulièrement dense et dynamique – environ 12 000 emplois et 6 200 établissements -, l’écosystème des ICC concentre de nombreux acteurs du cinéma, du cinéma d’animation, des effets visuels, de l’audiovisuel, des médias, du jeu-vidéo et du numérique sous toutes ses formes. Une longue liste à laquelle s’ajoutent des entités de l’enseignement supérieur et de la recherche (privée et publique). « La dynamique se concentre beaucoup autour du secteur de l’image animée dont la région rennaise constitue un des bastions forts au niveau national », souligne François-Xavier Jullien, chargé du développement de cette filière à Rennes Métropole. Succès commerciaux et levées de fonds significatives d’acteurs rennais du jeu vidéo confirment de leurs côtés la bonne santé de ce secteur dans la métropole.
« Ensemble on va plus loin ! »
Aide aux financements de projets collaboratifs innovants dans le secteur de l’image et du son, l’appel à projet « Créativité Croisée » porté par la Direction Économie, Emploi et Innovation de Rennes Métropole a pour vocation d’accélérer la transformation numérique et écologique des différents acteurs, de faciliter leur mise en relation, de croiser leurs compétences, de pérenniser les emplois et de favoriser l’émergence des talents.
Composé de 4 élus de la ville de Rennes et de la Métropole, le jury qui dispose annuellement d’une enveloppe de 150 000 € retient 7 ou 8 projets par an en veillant à l’équilibre entre les différentes branches de la filière. « Globalement, les élus privilégient les projets qui s’inscrivent dans les enjeux économiques et sociaux de notre époque », insiste François-Xavier Jullien.
C’est le cas du projet de R&D porté par la société « Pupp’s Motion Studio », une structure spécialisée de JPL Films qui a créé un nouveau process de fabrication des têtes de marionnettes pour l’industrie du cinéma d’animation. « Reposant sur l’impression 3D multi-couleurs, le procédé ‘Print Anim 3D’ permet aussi de limiter grandement l’utilisation de produits chimiques et leurs nuisances », résume Jean-François Bigot, gérant. Développée en partenariat avec « Med Print », une entreprise du bassin rennais, cette technique au fort potentiel de développement a été testée entre autres pour le long-métrage d’animation « Séraphine » présenté en session « Work in Progress « (WIP) au Festival d’Annecy en juin 2026.
Croiser les compétences, élargir les réseaux
« Ce financement de 30 000 € octroyé par la Métropole nous a permis d’avancer dans nos recherches », confirme Jean-Marie Ollivier, fondateur en 2023 de la société 7ème Axe qui s’est fait connaître en présentant au Grand Huit son imposant robot « Bistromatik » (1,5 tonne), qui sert désormais des verres toute l’année dans ce lieu culturel et festif. Lauréat de « Créativité croisée », le projet Algo-Rythme porté par Artoutaï Productions, en partenariat avec Jean-Marie Ollivier, le compositeur Sam Verlen et le créateur vidéo Johann Menier, propose une installation immersive et musicale occupée en son centre par un robot DJ. Croisement heureux entre l’art et la robotique, ce projet a été inauguré au Grand Huit le 10 juillet 2026.
Autre lauréat ayant bénéficié de l’effet levier de Créativité Croisée, le projet « Super bêtes », une série d’animation satirique de 13 épisodes de 2 min en cours de production, à vocation écologique et à portée pédagogique portée par la société Garuda Production. « Eau, déforestation, déchets, pollution lumineuse et sonore, réchauffement climatique, etc… Chaque épisode aborde un thème écologique à travers des situations drôles et absurdes. Les premières diffusions se feront sur le réseau régional de France 3 et sur les réseaux sociaux des chaînes », précisent Vincent Subrechicot et Cédric Tromeur, co-gérants de Garuda Production, qui ont travaillé pour l’occasion avec les studios voisins Soniou pour la partie son, Arwestud Films pour la post-production, et enfin Corentin Colin et Damien Le Délézir, sur la stratégie de diffusion. « Portée par l’appel à projet de la métropole, cette incitation à croiser les compétences permet d’élargir nos réseaux et de solidifier d’autant plus le tissu économique local », concluent-ils.